Merry, the foxxy wicce

Ce qui a changé en un an

« j’ai lu ton article “Une approche minimaliste?” et je suis curieux·se de savoir ce qui a changé pour toi vis à vis de son contenu! »

Voici l’occasion parfaite pour vous expliquer pourquoi ce blog avait l’air inactif et surtout, pourquoi j’ai édité mon article précédent.

Le billet étant plutôt long et compartimenté, voici un sommaire :

Un an de pause ?

Tiens, ce blog n’est pas mort?!

C’est sûrement la première pensée que vous avez eu. Je peux difficilement vous donner tort : je n’ai rien publié ici depuis le premier article, il y a environ un an. Pour cause, j’ai réfléchi à différents axes pour aborder des problématiques, j’ai essayé de rédiger plusieurs billets, rien n’y a fait : j’avais l’impression de devoir me justifier à chaque fois, comme si je devais quelque chose aux autres wiccans. J’ai fini par me lasser, mettre tout ça de côté. Et on dirait bien que cette prise de recul m’a été bénéfique. Je me rends compte aujourd’hui que non, je n’ai pas à me justifier auprès des autres wiccans. Notre religion ne repose sur aucun livre sacré, sur rien qui ne fasse autorité et qui invaliderait mes positions.

Au niveau de l’activité d’écriture en elle-même, j’ai commencé il y a plusieurs mois la rédaction d’un billet sur les problèmes de la Wicca en tant que communauté et culte. Je suis incapable de vous dire quand est-ce que j’aurai fini cet article, surtout que j’y aborde des notions que je ne maîtrise pas (particulièrement le racisme, que je ne subis pas). J’écris quand j’en ai l’envie et l’énergie, deux facteurs difficiles à rassembler ces derniers mois. J’ai besoin de me documenter, d’échanger, pour m’assurer de ne pas être maladroite ou de passer à côté du capital.

Un billet maladroit

En relisant mon précédent billet, je me rends compte qu’il est surtout confus : j’y décris ce que je pense être un tronc commun à toutes les traditions tout en donnant ma position sur tel ou tel élément. Je vais essayer de faire mon auto-critique sur ces deux axes.

Y a-t-il vraiment une essence de la Wicca ?

Quand je relis l’introduction de mon billet “Une approche minimaliste de la Wicca”, je me rends bien compte aujourd’hui à quel point ma démarche était naïve. D’abord, chercher l’essence d’une religion en général, c’est une quête sans fin. On peut définir individuellement et collectivement à un instant T ce qui nous paraît être le fondement d’une religion, mais l’évolution de la société dans laquelle évolue le culte et les structures humaines vont sûrement rendre ces définitions obsolètes. C’est une démarche importante à faire pour pouvoir s’interroger sur les positions morales que le culte peut nous pousser à prendre, sur la validité de différents éléments de croyance et l’organisation de la communauté. Cependant, dans le cas de la Wicca, cela peut se réveler complexe, si ce n’est impossible : il y a une multitude de traditions, beaucoup sont purement personnelles, d’autres suivies par quelques adeptes et enfin, toutes les traditions fonctionnant en tant que cultes à révélations sont totalement opaques au monde extérieur. Il y a bien des livres reconnus qui essayent de donner ce que leur semble être les éléments clefs de la Wicca, mais je dois dire que moi-même, je suis en désaccord avec ces références. À partir de ce moment-là, comment pourrais-je réellement définir de manière objective une “essence de la Wicca” ? À mon échelle, je peux seulement dire ce qui m’est personnellement important et expliquer pourquoi.

Ma position en début 2021

Le Conseil

Fais ce que tu veux, tant que tu ne nuis à personne.

Bien qu’il soit un des éléments les plus connus de la Wicca, le conseil n’est pas reconnu par toutes les traditions. À titre personnel, je suis partagée : sous couvert d’une ligne de conduite pacifique on retrouve un mode de pensée très libéral.

« tant que tu ne nuis à personne »

C’est la partie du conseil qui m’a le plus séduite, une ligne de conduite qui invite à ne pas s’en prendre aux autres. Ça peut paraître être du bon sens ou une morale que tout le monde devrait appliquer, pourtant, athées ou pas, nombre d’individus s’éloigne de cette idée consciemment. À une époque où je m’intéressais à bon nombre de nouveaux mouvement religieux, j’ai lu la Bible Satanique, de Antón Szandor LaVey. On trouve dans ce livre divers passages invitant ouvertement à s’en prendre aux autres. Par exemple, je me souviens d’un passage qui disait que si un·æ sataniste reçoit une personne qui se comporte mal chez ellui, æl est invité·æ à “détruire cette personne”. Certain·æs satanistes diront qu’on parle seulement de magyk, pas du tout de violence physique, sauf que les laveyens considèrent la Magyk comme un moyen efficace d’agir sur les autres. Pour en revenir au conseil de la Wicca, il a résonné en moi pour ce genre de raisons : je suis vegan, j’ai pu interpréter mon refus de consommer des produits animaux comme englobé dans le fait de ne nuire à personne. Cependant, je considère également qu’il est nécessaire de retourner la violence des oppressions contre les oppresseurs, cette position peut être vue comme entrant en contradiction avec le conseil.

« Fais ce que tu veux »

C’est là le cœur d’un de mes plus gros soucis avec la Wicca, je reviendrai dessus plus en détails dans un autre billet. Le principe même énoncé respire le libéralisme. La Wicca est une religion née dans un bain de Penser Nouveau, étendue en plein mouvement New Age, elle a toujours co-existée avec le libéralisme. Ce conseil en est lui-même le produit. Je n’arrive pas à me retrouver dans un discours emprunt de libéralisme. C’est également un appel individualiste; aucune volonté de créer une communauté soudée qui permettrait une politisation de la Wicca dans la société. Là où justement, plusieurs religions ont pu avoir une influence sur la vie sociale et politique des sociétés et individus, la Wicca bat en retrait. Je ne peux m’empêcher d’y voir une position libérale du même acabit que « tous les discours se valent ». Bien sûr, une religion ne devrait pas dicter la manière de vivre de ses croyants, ni le fonctionnement de la société. En revanche, une religion peut promouvoir des valeurs que sa communauté devrait suivre et défendre tout en valorisant l’auto-critique, afin de ne pas tomber dans l’immobilisme, le conservatisme et le dévoiement.

Un autre conseil

Plus le temps passe, plus je réfléchis et moins je me retrouve dans ce conseil. Mon mode de vie ne consiste pas à nuire à personne, mais à participer aux luttes d’émancipation. Je ne me crois pas libre de faire ce que je veux alors que je profite de privilèges, qui par définition, excluent les autres. Si je devais formuler un conseil aujourd’hui, ça serait plutôt le suivant.

Soyez solidaires, luttez contre les oppressions.

Le divin

Sur cette partie, ma position a peu évolué : mon approche de la Wicca est toujours panthéiste dans sa vision du caractère divin de l’univers et déiste dans la pratique. Le fait est que je n’ai pas encore pris le temps de réfléchir et créer un système personnel de divinités.

Less, is more

Ma position n’a pas bougé, elle s’est même renforcée. Je pense que les rituels et cérémonies devraient surtout être des moments de ressourcement, de recueillement et de célébrations de soi (ou des autres, s’il y a d’autres personnes). Un endroit à soi, où l’on peut réfléchir, être concilient avec soi-même, se motiver, réfléchir à comment atteindre nos objectifs. Bref, ne pas se focaliser sur la croyance que notre volonté crée notre monde, mais plutôt se faire du bien sans contrepartie. Le caractère sacré de ces moments pourrait vraiment aider à s’accorder ce temps à soi et permettre de mettre son quotidien sur pause.